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Technologies Internationales 144  >>  30/05/2008

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Aéronautique

Le pôle ASTech Paris - Région : recréer l'image de marque "aérospatiale" de l'Ile-de-France

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/144_08.htm

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ASTech est l'un des trois pôles de compétitivité du secteur de l'aéronautique et de l'espace. Son principal objectif est de recréer l'image de marque "aéronautique" de l'Ile-de-France, première région française dans ce domaine.

Cet article a été rédigé par Jean-François Desessard.

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100.000, c'est environ le nombre d'emplois que génèrent l'aéronautique et l'espace en Ile-de-France, soit davantage qu'en région Midi-Pyrénées. Pour autant, l'image de marque de cette dernière, et de Toulouse en particulier, est incomparablement plus forte, notamment à l'étranger. D'où la volonté des fondateurs du pôle ASTech Paris-Région, l'un des trois pôles de compétitivité français du secteur aéronautique et spatial, localisé en Ile-de-France, de reconquérir cette indispensable image de marque qui lui fait défaut. Labellisé en juillet 2007, ce tout jeune pôle, dont les activités s'articulent autour de trois secteurs de pointe de la région - l'aviation d'affaires, le transport spatial, enfin la motorisation et les équipements - dispose pour cela de sérieux atouts. 28.000 chercheurs sont en effet présents sur le territoire francilien qui bénéficie de 43% du budget de R&D français du secteur.


Que l'on n'aille pas se méprendre sur la démarche du pôle ASTech Paris-Région qui, avec l'appui de l'Agence Régionale de Développement (ARD), cherche à associer son nom à celui de Paris Région afin de recréer une image de marque du secteur aéronautique et spatial en Ile-de-France. "Il ne s'agit pas pour nous de faire du régionalisme, mais au contraire de tourner l'Ile-de-France vers l'Europe et l'international afin de montrer le formidable savoir-faire dont dispose cette région en matière d'aéronautique et d'espace", précise Gérard Laruelle, le directeur général du pôle ASTech Paris-Région. Car dans cette France qui occupe la première place des pays européens de ce secteur, devant la Grande-Bretagne et l'Allemagne, la région Midi-Pyrénées, et plus particulièrement Toulouse, notamment au gré d'un transfert d'activités de l'Ile-de-France vers la ville rose, effectué au cours des dernières décennies, s'est bâtie une solide image de marque incontestablement méritée. De son côté, le secteur aéronautique et spatial francilien, bien qu'il occupe la première place au niveau national, tant en termes d'emplois que de R&D - ne s'est pas véritablement soucié de sa propre image. Dans ce contexte, le conseil régional d'Ile-de-France s'est tourné vers les industriels du secteur afin de comprendre pourquoi, bénéficiant d'un tel potentiel technologique et industriel, la région restait quelque peu isolée, voire ignorée, au plan international.

Régional, certes, mais ouvert aux autres pôles

Répondant à cette sollicitation, trois industriels, Dassault Aviation, leader mondial sur les segments haut de gamme de l'aviation d'affaires, EADS Astrium-ST, leader européen dans le domaine des lanceurs, et Safran, leader mondial de la propulsion, ont compris qu'il était urgent de s'organiser. Ainsi est née l'idée de créer un pôle de compétitivité dont l'accouchement a été néanmoins difficile. "Le contexte électoral du printemps 2007 n'était pas véritablement favorable, même si notre dossier semblait relativement bien ficelé. Aussi avons-nous décidé, avec le soutien de l'ARD, qui nous a permis en particulier d'être présent au Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget, de créer une association à la fin du mois de juin, quelques jours avant que le gouvernement annonce officiellement la labellisation de cinq nouveaux pôles, parmi lesquels le nôtre baptisé ASTech Paris-Région", se rappelle avec enthousiasme le directeur général de ce pôle. Précisons que dès le début de cette initiative, une première PME, Atmostat, basée à Villejuif, ainsi que plusieurs établissements de recherche publics comme l'Onera, le CNRS et le Cnes, et un établissement d'enseignement supérieur, l'Ecole des mines de Paris, se sont associés aux trois porteurs industriels de ce projet.

Aux dires de son directeur général, il existe une notion régionale très forte au sein du pôle ASTech Paris-Région en ce sens que la région affiche clairement depuis le début sa volonté d'être présente à ses côtés. Pas question pour autant de mener sa démarche de manière individuelle sans se soucier des autres pôles aérospatiaux, en particulier ceux dont les activités sont centrées sur les mêmes secteurs industriels, comme Aerospace Valley en Midi-Pyrénées et Pégase en Provence Alpes Côte d'Azur (Paca). "C'était d'ailleurs une demande claire du gouvernement que les deux pôles nouvellement labellisés, en l'occurrence Pegase et ASTech Paris-Région, s'adossent à Aerospace Valley. Les trois pôles ont d'ailleurs signé un accord de coopération allant dans ce sens", indique Gérard Laruelle. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre connaissance des récents résultats du cinquième appel à projets du FUI (fonds unique interministériel) de la direction générale des entreprises (DGE). Ainsi, deux importants projets retenus, SiC HT2 et RFID Aero, ont été colabellisés par ces trois pôles. (Voir "Chasse aux vibrations issues des moteurs" en fin d'article).

Plus généralement, ASTech Paris-Région a noué des liens avec d'autres pôles de compétitivité. Récemment, il a signé un accord avec Mov'eo, un pôle centré sur l'automobile qui regroupe trois régions, la Basse-Normandie, la Haute-Normandie et l'Ile-de-France. Rappelons que de nombreux acteurs du secteur aéronautique et spatial sont implantés dans la vallée de la Seine. Leurs activités sont regroupées au sein d'une association, Normandie AeroEspace, partenaire du pôle Mov'eo. "Nous avons une démarche identique avec Pégase concernant notamment le développement de dirigeables, un sujet prioritaire pour ce pôle. Aussi, si des projets de ce type émergent en Ile-de-France, nous nous sommes engagés à travailler en collaboration et à nous assurer de leur aval technique, sans pour autant s'interdire, si les projets se multiplient dans ce domaine, à les labelliser en Ile-de-France", explique le directeur général d'ASTech Paris-Région.

Attirer des PME prêtes à jouer le jeu

Ces 100.000 emplois que génèrent l'aéronautique et l'espace en Ile-de-France, le pôle ASTech Paris-Région s'est fixé pour objectif de les préserver, voire de les faire croître. Cela implique en particulier de rendre ce territoire plus attractif, d'où la nécessité d'une meilleure visibilité de la recherche et du tissu industriel. Car contrairement à ses homologues implantés en Midi-Pyrénées et Paca, deux régions "très aéronautiques" au sein desquelles nombreuses sont les entreprises qui travaillent quasiment à 100% pour ce secteur, ASTech Paris-Région, lui, est au coeur d'une région où les entreprises qui travaillent pour l'aéronautique, peuvent également être présentes dans d'autres secteurs comme l'automobile ou le médical. "D'où notre difficulté à identifier au milieu de tout un éventail d'entreprises multifacettes celles qui travaillent significativement pour le secteur de l'aéronautique et de l'espace". Autre difficulté à laquelle doit faire face ce pôle qui souhaite faciliter l'implantation de nouvelles entreprises innovantes en Ile-de-France, le prix du mètre carré qui n'a cessé d'augmenter dans des proportions importantes au cours des dernières années.

Aujourd'hui, beaucoup de petites entreprises, reléguées au rang de simples sous-traitants, n'ont plus, avec les grands groupes industriels, que des dialogues centrés autour des coûts et des délais. Ainsi le contact avec le besoin initial des industriels a quasiment disparu. "L'une des idées défendues par le pôle est de rétablir ce nécessaire équilibre entre les différents acteurs du marché de manière à ce que les petites entreprises puissent savoir quels sont les objectifs, du moins dans leurs grandes lignes, des grands groupes industriels", déclare Gérard Laruelle. Par exemple, la tendance est-elle au développement d'un avion "plus électrique" ? Répondre positivement à cette question aboutira alors à l'utilisation de dispositifs mécatroniques nécessitant une électronique dont les composants devront être capables de résister à des températures plus élevées. Il s'agit donc recréer au plus vite une osmose et de fixer des objectifs de besoins entre des grands groupes industriels à la recherche de solutions innovantes et des PME qui, plus souvent qu'on ne le croit, regorgent d'idées originales.

Aussi, si beaucoup de pôles de compétitivité ont joué la carte des grands groupes, ASTech Paris-Région, de son côté, a aussitôt mis l'accent sur les PME. "L'avantage d'être un jeune pôle est de pouvoir profiter de l'expérience de ceux qui nous ont précédés", observe le directeur général du pôle francilien. Or après avoir dressé un constat de l'existence, en Ile-de-France, de PME performantes et très réactives, certes, mais pour la plupart très isolées, ne se connaissant pas et, par conséquent, ne travaillant pas ensemble, l'équipe du pôle ASTech Paris-Région s'est fixé l'objectif d'attirer des PME "qui ont envie". Autrement dit, il ne suffit pas d'intégrer le pôle pour être assuré de décrocher un contrat. Or apparemment, le message semble avoir été perçu positivement puisque nombreuses sont les petites entreprises à rejoindre ASTech Paris-Région, y compris certaines dont les activités se situent en dehors des marchés de l'aéronautique et de l'espace.

Plus d'une douzaine de projets labellisés dont plus de la moitié financés

En juillet prochain, le pôle ASTech Paris-Région soufflera donc sa première bougie. Auparavant, il aura tenu son Assemblée générale au Bourget le 19 juin 2008, à la veille de l'ouverture du Green Paris Air Show qui se tiendra les 20, 21 et 22 juin au Musée de l'Air et de l'Espace, et auquel il participera. Mais d'ores et déjà, il peut se targuer d'avoir accompli d'excellents débuts. Ainsi, plus d'une douzaine de projets ont été labellisés, certains d'entre eux ayant été retenus dans le cadre des appels à projets du FUI (fonds unique interministériel) de la direction général des entreprises (DGE).

Concernant la thématique "propulsion / équipements", deux projets ont été labellisés pour un budget de 7 millions d'euros. L'un d'entre eux, "TOSCA", a pour objectif de réduire par deux les émissions d'oxydes d'azote (NOx) tout en maintenant l'opérabilité du foyer. Dans la thématique "énergie à bord", ce sont trois projets que le pôle a labellisé, le budget total étant de 10 millions d'euros. Baptisé "SEFORA", l'un de ces projets vise à développer un actionneur électromagnétique intelligent (Smart EMA) pour environnement sévère. Du côté de la thématique "Architectures Véhicules", pas moins de quatre projets ont été labellisés, pour un budget de 26,8 millions d'euros, CALME étant considéré comme l'un des projets emblématiques du pôle (voir encadré). Pour sa part, la thématique "matériaux et procédés" compte trois projets labellisés, pour un budget de 11,5 millions d'euros, avec, là encore, un projet emblématique du pôle, MSIE (voir "Antennes : moins nombreuses et de taille plus réduite" en fin d'article). Créée plus récemment, en décembre 2007, la cinquième thématique intitulée "maintenance aéronautique", compte déjà deux projets en cours de labellisation, l'un visant à repeindre un avion sur place et sans pochoir, l'autre ayant pour objectif de réusiner un appareil, en cas d'avarie, sans pour autant le déplacer sur un lieu précis, la particularité étant de disposer d'un équipement mobile.

"La maintenance aéronautique semble être un domaine prometteur pour le pôle ASTech Paris-Région, d'autant plus que l'Ile-de-France est la première plate-forme aéroportuaire française, voire européenne, Le Bourget occupant pour sa part la première place du classement des plates-formes européennes dans le domaine de l'aviation d'affaires". D'où l'enthousiasme du directeur général de ce jeune pôle plein d'avenir qui s'intéresse également à deux autres thématiques dites de "support", baptisées "moyens d'essais et de mesures" et "formation et recherche".

Le point sur :

Chasse aux vibrations issues des moteurs

Réduire les vibrations émises par les moteurs et transmises à la cellule d'un avion, tel est l'objectif de CALME (Cap sur l'Amélioration de l'amortissement des Liaisons avion et MotEurs), un projet d'un montant de 4,6 millions d'euros, labellisé par le pôle ASTech Paris- Région et retenu par la Direction Générale des Entreprises (DGE) dans le cadre du cinquième FUI (fonds unique interministériel). Plusieurs entreprises et laboratoires participent à ce projet : Snecma, Teuchos, Paulstra, Vibrachoc, Sopemea, SDTools, l'Onera, le centre des matériaux de l'Ecole des mines de Paris et le laboratoire de tribologie et dynamique des systèmes de l'Ecole centrale de Lyon.

D'une durée de trois ans, CALME s'articule autour de trois sous-projets. Le premier vise à développer une suspension souple. "Jusqu'à présent, nos moteurs ne bénéficient pas de ce type de suspension que nous allons également étudier à l'occasion du développement du futur moteur destiné à remplacer le CFM-56", explique René Dupré, coordinateur de l'ensemble des projets auxquels participe Snecma dans le cadre des pôles de compétitivité. Le second a pour objectif d'équiper chaque disque aubagé monobloc (DAM) d'un jonc d'amortissement qui va absorber les vibrations. Quant au troisième sous-projet de CALME, il consistera à développer sur un rotor ce que l'on appelle un "Squeeze Film Damper" (SFD), Autrement dit un amortisseur à film fluide.

C'est à l'automne prochain que débuteront les premiers travaux, l'objectif étant d'aboutir dans trois ans à la mise au point d'un prototype. Restera alors à l'industrialiser pour une utilisation sur les futurs moteurs de Snecma. "ASTech Paris-Région permet la mise en réseau d'un certain nombre d'entités, que ce soit dans le domaine de la recherche ou de l'industrie. Sans la présence de ce pôle, nous n'aurions pas forcément pris contact avec une entreprise comme Paulstra, faute de disposer d'une parfaite connaissance du maillage des compétences franciliennes, maillage qui nous permet de trouver des PME dont les compétences spécifiques peuvent s'avérer utiles à nos développements", estime René Dupré.

Contact : Snecma, René Dupré - email : rene.dupre@snecma.fr

Antennes : moins nombreuses et de taille plus réduite

C'est à l'initiative d'Alain Priou, professeur à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense et du besoin des avionneurs Dassault Aviation et EADS Innovation Works, structure chargée de la R&D du groupe, qu'est né le projet MSIE (Matériaux et Structures Intelligentes pour l'Electromagnétisme). Labellisé par le pôle ASTech Paris-Région et retenu dans le cadre du cinquième appel à projets du FUI (fonds unique interministériel) de la direction générale des entreprises (DGE), ce projet, d'une durée de trois ans, a pour objectif de réduire la taille et le nombre des antennes des futurs avions civils, qu'ils soient de ligne ou d'affaires. "Actuellement, il y a plus d'une quarantaine d'antennes implantées sur un A318, pourtant le plus petit avion de la gamme Airbus. Quant aux câbles permettant de connecter l'ensemble des antennes, on en compte plus de 500 mètres à bord d'un A380", précise Pascal Cailleau, ingénieur chez Ineo et porteur du projet. D'où l'intérêt d'une réduction de la taille et du nombre de ces antennes. Cela permettrait en effet de réduire, d'une part la traînée aérodynamique d'un avion et, par conséquent, de réaliser un gain très substantiel en termes de consommation d'énergie, d'autre part le volume de câbles nécessaires à la connexion de ces antennes, d'où, là encore, un gain de poids non négligeable, que ce soit pour les avions de ligne ou les avions d'affaires.

Neuf partenaires participent à MSIE, dont quatre industriels EADS IW, Dassault Aviation, Ineo Défense-AMP, Satimo, et cinq laboratoires de l'Ensam, l'Ecole des mines de Paris, Supélec et de l'université de Paris X-Nanterre. "Pour parvenir à réduire ces antennes, nous allons utiliser de nouveaux matériaux, connus sous le nom de métamatériaux. Il s'agit de composites présentant des caractéristiques électromagnétiques spécifiques", explique Alain Priou. Près de 4 millions d'euros vont être consacrés à ce projet qui devrait aboutir à l'horizon 2011 à la conception de trois démonstrateurs.

Contact : Ineo Défense-AMP, Pascal Cailleau - email : pascal.cailleau@ineo.com

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Pour en savoir plus :

ASTech Paris-Région, Gérard Laruelle, directeur général - tél : 01 46 23 50 95, fax : 01 46 23 50 98 - email : gerard.laruelle@pole-astech.org - web : http://www.pole-astech.org

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Origine : Technologies Internationales 144 (30/05/2008 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/144_08.htm
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