spacer

Technologies Internationales 149  >>  22/12/2008

Tous les articles parus >>

spacer

Recherche et développement technologique

L'A*STAR prépare l'essor de Singapour

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/149_05.htm

Copyright © ADIT - Tous droits réservés

Singapour engage ses piliers scientifiques vers un renforcement de son positionnement du secteur biomédical et international.

Cet article a été préparé par Arnaud Queyrel, à partir du rapport "L'Agence nationale pour la Science, la Technologies et la Recherche (A*STAR) : organisation, fonctionnement et enjeux" réalisé par Aurélien Gauthier-Brun, Antoine Mynard, Christine Talmard et Valérie Gérard, du service pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France à Singapour que nous remercions pour leur collaboration.
Télécharger ce rapport
en version pdf (gratuit)
 >>

Abonnés version papier :

Téléchargez ici la version pdf >>

Transmettre cet article
par email
 >>

Recommander ce site
à un collègue / ami
 >>

Les articles de "Technologies Internationales" classés par thèmes :

FAQ / foire aux questions >>

Conditions d'utilisation >>

Flux RSS >>


L 'organisation très structurée de l'un des plus fermes piliers de développement pour Singapour, l'Agence A*STAR, s'explique par la nécessité d'irriguer en recherche et innovation, dans le secteur biomédical et celui des sciences de l'ingénieur, tous les niveaux de la cité-Etat. Objectif : affermir continuellement son positionnement international.


Relais des ministères singapouriens de la Culture et du Commerce & de l'Education, qui assurent la tutelle de la recherche, l'Agency for Science & Technology, A*STAR, couvre une part essentielle du financement de la recherche à Singapour. Chapeautée par le Conseil pour la recherche, l'innovation et les entreprises - dirigé par le Premier ministre de Singapour - lui-même secondé par la Fondation nationale de la recherche (NRF), l'A*STAR dispose ainsi, sur la période 2006-2012, d'une dotation financière de 5,4 milliards de dollars singapouriens (SGD). Il s'agit de la plus importante des dotations allouées aux quatre organismes de financement de la recherche (bénéficiant globalement de treize milliards de SGD) à Singapour, s'établissant même légèrement au-dessus de celle de la NRF - qui occupe pourtant une position nettement plus stratégique avec la définition des grands programmes de recherche à long terme. Cette allocation financière correspond aux dépenses en R&D à Singapour établies pour l'année 2006 ; la cité-Etat compterait par ailleurs, aujourd'hui, une population, en croissance constante, de quelque 23.000 chercheurs et ingénieurs.

Une organisation à la hauteur des enjeux

Fonctionnant par projets, proche des entreprises, le principal outil singapourien en recherche appliquée, l'agence A*STAR, compte quatorze instituts regroupant plus de deux mille chercheurs internationaux. Couvrant les sciences de l'ingénieur et les sciences biomédicales, l'A*STAR doit assurer la production de connaissances et d'innovations, le financement de la recherche et l'innovation. L'Agence, qui doit aussi pouvoir s'adapter en permanence à la rapidité des changements et défis socioéconomiques et stratégiques de la cité, s'organise en six branches qui constituent les grands fondamentaux stratégiques et les piliers de la recherche singapourienne. Ses deux premiers éléments d'organisation - le BioMedical Research Council (BMRC) et le Science and Engineering Research Council (SERC) - regroupent chacun sept Instituts. Pour sa part, le BMRC supervise et coordonne les activités de R&D publiques dans le secteur biomédical ; le SERC déployant son activité en faveur des sciences de l'ingénieur. Celles-ci englobent l'électronique, les technologies de l'information et de la communication (TIC), la chimie et l'ingénierie de précision. Ces deux conseils bénéficient, pour favoriser leurs collaborations, de l'appui du Cross Council Office qui monte des appels à projets transdisciplinaires et transversaux comme l'ingénierie biomédicale et les énergies propres.

La quatrième branche d'A*STAR, la Graduate Academy, s'attèle à la formation des étudiants en les accompagnant depuis la sortie du second cycle jusqu'en fin de thèse de doctorat. Objectif à l'horizon 2012 : former mille docteurs singapouriens dans les universités américaines et, secondairement, anglaises, en vue de leur réintégration dans le tissu de recherche singapourien formé par les instituts gérés par l'A*STAR. Ensuite, l'Agence dispose d'une unité de gestion et valorisation des obtentions (connaissances, brevets et inventions) issues de ces centres de recherche : l'Exploit Technologies Pte Ltd. Cette unité, aux ambitions commerciales, assure également le transfert industriel des activités de recherche par la création de jeunes pousses et la négociation de contrats de partenariats avec les sociétés privées. Finalement, la branche Corporate Services de l'A*STAR regroupe les fonctions administratives et financières chapeautant les cinq autres entités constituant l'Agence.

Nouvelle stratégie biomédicale

Créé en octobre 2000, le Conseil pour la recherche biomédicale (BMRC) vise, en partenariat avec le bureau de développement économique de Singapour (Economic Development Board - EDB) et son fonds d'investissement dédié aux sciences biomédicales (Bio*One Capital), à positionner Singapour comme le grand pôle asiatique en sciences biomédicales. Le Gouvernement singapourien a en effet identifié cet axe de développement comme un futur pilier de l'économie singapourienne conjointement à l'électronique, à la chimie et à l'ingénierie. Présidé par l'oncologue britannique Sir David Lane et dirigé par le professeur Lee Eng Hin, chercheur et chirurgien orthopédique, le BMRC se trouve actuellement dans la seconde phase de son développement, amorcée depuis 2006 et conduite jusqu'en 2010. Au cours de cette période, le Conseil va exploiter le capital de résultats fondamentaux obtenus, durant la première période de développement quinquennal, dans de nombreux domaines de la biologie : bioprocédés, génomique et protéomique, bioinformatique... Il s'agit désormais de transformer les innombrables acquis précédents en applications cliniques par le truchement, cette fois, du renforcement de la recherche clinique et translationnelle.


Pour accompagner cette dynamique vers le secteur clinique, gage d'une forte attractivité internationale pour Singapour concomitante spécialement à d'importants flux d'investissements étrangers, le BRMC a ouvert, en 2007, son Institute for Medical Biology (IMB). Les quatorze équipes de l'IMB, aux activités situées aux frontières de la recherche fondamentale et clinique, travaillent sur les cellules souches, le développement et la différenciation cellulaire, le cancer ou encore les maladies génétiques. Pour sa part, créé dans la même dynamique et perspective de valorisation des connaissances fondamentales, le Singapore Institute for Clinical Sciences (SICS) compte, pour l'instant, seulement trois laboratoires de recherche clinique et translationnelle en ses murs. D'autres instituts ou compagnies pharmaceutiques appuient toutefois ses travaux - sur la génétique des maladies humaines, les maladies hépatiques et métaboliques - dans le cadre de partenariats.

Les piliers fondateurs en sciences du vivant

Les organismes les plus récents du BRMC complètent désormais ses activités fondamentales menées dans cinq instituts fondateurs : l'institut de biologie moléculaire et cellulaire (IMCB), les instituts de bioinformatique - aux dix équipes dirigées par le chercheur australien Franck Eisenhaber depuis l'été 2007 - et de technologies des bioprocédés, l'institut singapourien du génome et l'institut de bioingénierie et de nanotechnologie. Crée en 1987, l'IMCB constitue une entité très forte et l'un des plus gros laboratoires singapouriens : en effet, elle fédère environ trente-cinq groupes de recherche et huit plates-formes techniques réunissant globalement plus de 400 scientifiques. L'ensemble couvre tous les champs d'investigations possibles en médecine et biotechnologies, depuis les recherches en prédiction de comportement de molécules pharmaceutiques in silico (spécialité de la bioinformatique) jusqu'au développement de nano-architectures de délivrance (contrôlée) de biomolécules thérapeutiques en passant notamment par la production de protéines recombinantes et les biopuces.

Pour conforter ses efforts en recherche clinique et amplifier les synergies entre ses différents Instituts, l'A*STAR a par ailleurs créé six consortium spécialisés : les deux premiers regroupent des chercheurs du Singapour Cancer Syndicate et du réseau immunologique de Singapour. Deux autres consortium réunissent les travaux de chercheurs dans les domaines de l'imagerie et des cellules souches. Finalement, le consortium Singapore Consortium of Cohort Studies et le centre expérimental sur les thérapeutiques visent à amplifier les transferts et valorisation du fondamental vers l'applicatif. Ces différents niveaux d'intervention et d'organisation, qui contribuent à mélanger les activités de recherche et de développement, concourent à atteindre l'objectif de positionnement stratégique fort de Singapour, à l'international, dans cinq branches des sciences du vivant : la découverte médicamenteuse, la bioimagerie, les cellules souches, l'étude de cohortes et de biomarqueurs (en particulier tumoraux). Le tout bien entendu en parfait synchronisme et synergie avec l'effort déployé vers la recherche translationnelle.

A noter, finalement, l'autonomie complète des différents établissements actifs dans cette dynamique des biosciences en l'absence d'un ministère de la Recherche. Pour leur part, certains consortiums disposent d'une capacité d'autofinancement.

Les sciences de l'ingénieur, au coeur des préoccupations de l'A*STAR

Le second conseil de recherche au sein de l'A*STAR, le Science and Engineering Research Council fonde son activité sur une consultation permanente menée avec l'industrie locale. Le SERC dispose d'un institut de recherche pour chacun de ses six domaines de recherche stratégique : le stockage de données, la microélectronique, les TIC, les sciences des matériaux, la chimie et les technologies industrielles. Il s'agit d'y adjoindre un septième établissement spécialisé en calcul haute performance. L'ensemble de ces établissements sera prochainement installé sous un toit commun, dans un grand centre fédérateur des sciences de l'ingénieur baptisé Fusionopolis. Pour sa part, l'institut de stockage de données y poursuivra ses activités notamment en spintronique, mécatronique et le stockage en réseau. De son côté, l'Institute for Infocomm Research (I2R) constitue, avec 310 chercheurs (comptabilisés à l'hiver dernier), le plus gros centre de recherche d'A*STAR. Il dispose désormais d'une notoriété internationale bien établie dans la définition des standards techniques en particulier et se spécialise notamment dans les interfaces graphiques, l'analyse d'images et les technologies du langage humain. Il présente en outre la particularité d'héberger le laboratoire conjoint international Image Processing and Application Laboratory (IPAL), lancé en 2007.

Ce laboratoire, à vocation plus particulièrement d'agitateur d'idées et d'animation de réseaux transnationaux, associe le Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France), l'A*STAR et l'Université nationale de Singapour (NUS) autour du thème fédérateur du traitement des images. Organisé en février 2009, l'atelier Singaporean - French IPAL Symposium (SINFRA'09) visera tant à resserrer les collaborations existantes entre les scientifiques des deux pays qu'à explorer et lancer de nouvelles collaborations. L'atelier traitera des thématiques d'intérêt commun à la fois actuelles et prospectives comme les medias digitaux interactifs, les systèmes embarqués et les réseaux de surveillance.

Du calcul à la compétitivité

Parmi les autres instituts gérés par le SERC, l'institut d'ingénierie et de recherche sur les matériaux (IMRE) jouit d'une visibilité et attractivité particulières, spécialement pour les délégations de visiteurs, tant par le matériel scientifique qu'il héberge que par la qualité de ses recherches. En outre, les compagnies privées comme les autres instituts peuvent utiliser ou louer son matériel. Et, à l'instar de l'IPAL, cet institut collabore avec la France par l'intermédiaire du professeur Christian Joachim, directeur du groupe nanosciences au laboratoire CNRS de Toulouse centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales (CEMES) : le professeur anime en effet à l'IMRE une équipe sur les manipulations atomiques. Du reste, sa présence ne fait que confirmer l'orientation très fondamentale de cet institut qui couvre notamment la science des polymères, les nanomatériaux et la science des surfaces.

Un autre institut pratique également la mutualisation, toutefois à l'échelle virtuelle : l'institut du calcul haute performance. En effet, il apporte aux autres Instituts l'infrastructure de calcul scientifique indispensable au développement de leurs propres travaux. Il dispose à cette fin de capacités de calcul Teraflop exploitées pour résoudre les calculs qui gouvernent de nombreuses sciences : électromagnétisme et électronique, mécanique des fluides, nanosystèmes... Ensuite, au côté des instituts de microélectronique et des sciences chimiques, le SERC héberge encore le Singapore Institute of Manufacturing Technology (SIMT). Ce dernier recherche les moyens d'améliorer la productivité et la compétitivité de l'industrie singapourienne et se consacre donc aux questions de logistique, d'usinage, de mécatronique...

A propos d'industrie d'ailleurs, l'année 2007 a vu le lancement, sous la houlette du SERC, de grands programmes industriels adossés aux laboratoires de ses instituts. Ces programmes concernent quatre grands domaines de développement industriel : l'aéronautique, l'automobile, la domotique et l'énergie. Les projets, en cours de définition, devraient trouver toute leur mesure et un déploiement idéal dans le futur centre Fusionopolis, bâti selon les principes de l'architecture écologique avec des jardins à chacun de ses quinze étages. Lors de son inauguration prochaine sera organisée une compétition où s'affronteront cinq des meilleures équipes internationales de chercheurs et d'ingénieurs en TIC autour du thème des moteurs de recherche. Une façon supplémentaire pour Singapour de s'illustrer sur la scène internationale.

spacer

spacer

Pour en savoir plus :

- Agency for Science, Technology and Research (A*STAR), http://www.a-star.edu.sg
- Ministry of Trade and Industry (MTI), http://app.mti.gov.sg

A lire également :
- Science and Technology Plan 2010 - Sustaining innovation-driven growh ; disponible sur le site Internet du MTI

spacer

spacer

Origine : Technologies Internationales 149 (22/12/2008 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/149_05.htm
spacer

spacer

[  plan du site  |  données personnelles & politique de confidentialité  |  limites de responsabilité  |  faq  |  nous contacter  ]

spacer

[  page d'accueil  |  découvrir  |  consulter  |  recevoir  |  rechercher  |  utiliser  |  s'exprimer  ]

spacer

bulletins-electroniques.com tous droits réservés   -   votre contact : François Moille

4444444007 6666666028 1010101018